Saint-Germain-en-Laye

LE RACISME ANTI-BLANC N’EXISTE PAS

Afin de diminuer de potentielles ardeurs émises à la suite de la lecture de ce titre provocateur (notamment celles de certains blancs à priori « stigmatisés »), il conviendra de préciser la nature de mes propos. Ce billet aura pour but de montrer que, cautionner l’existence du racisme inversé en France est une manière d’étouffer la lutte contre … Lire la suite Le racisme anti-blanc n’existe pas

 

« BEURETTES, BLACKS, CHINOISES » : EH OUI, VOS RECHERCHES SUR PORNHUB HÉRITENT DU COLONIALISME

En 2016, le terme « beurette de cité » a fait une entrée remarquée dans le classement des recherches Pornhub françaises. Le site pornographique le plus visité au monde met le doigt sur un malaise français : les représentations hyper sexualisées des femmes racisées dans l’imaginaire collectif. Et cela ne date pas d’hier.   Ces … Lire la suite « Beurettes, Blacks, Chinoises » : Eh oui, vos recherches sur Pornhub héritent du colonialisme

 

Édito Saint-Germain

Quand on m’a appelée pour nous demander, Basile et moi-même, de rédiger l’édito concernant l’IEP de Saint-Germain-en-Laye pour le lancement d’un journal inter-IEPs, j’ai tout d’abord vu un énorme gouffre s’ouvrir sous mes pieds. De tous les moments que nous avons vécus cette année, quels sont ceux qui ressortent encore aujourd’hui et nous apparaissent comme fondateurs ?

Puis j’ai commencé à y réfléchir, et j’ai pensé au CRIT, au WEI, au gala, aux conférences, mais si l’on y réfléchit, tout cela ne semble pas réellement se démarquer. Ce que je veux dire, c’est que chaque IEP a son lot d’évènements.

Il fallait trouver ce qui dans ces évènements communs à tous les IEPs était réellement représentatif de la spécificité de l’institution de Saint-Germain-en-Laye. Et cela n’était pas forcément facile. Lorsque vous expliquez que vous faites Sciences Po en région parisienne, on vous demande avec un sourire amical : « Paris ? ». Dans votre tête, tout s’écroule. Alors que vous vous lancez pour la énième fois dans le fameux speech que tous les Saint-Germanois ont dû connaître, j’ai nommé le « Non, Saint-Germain-en-Laye, mais l’IEP a été créé il y a quatre ans, c’est pour cela que personne ne connaît… », vous voyez le sourire de vos connaissances s’effacer pour laisser place à un regard dubitatif. Vous vous dites que Saint-Germain existe bel et bien, et que l’IEP a son identité propre, parce que vous, vous la ressentez. Cette identité, c’est ce que l’on nous a demandé d’exprimer dans cet édito sur l’IEP de Saint-Germain-en-Laye.

Nous avons décidé de commencer par le moment marquant la fin de l’année : le gala. Mais cette année, ce n’était pas n’importe quel gala qui s’est tenu. A cette occasion, la première promotion de Saint-Germain-en-Laye a choisi de rendre hommage à Gisèle Halimi. Cette femme avocate née en Tunisie dans la première moitié du XXIe siècle a milité pendant des années pour la dépénalisation de l’avortement. Outre ce choix résonnant particulièrement avec les débats politiques de cette année, c’est avec une fierté certaine que nous avons vu se dérouler un moment pour nous historique.

Mais ce gala, c’était également un moment émouvant de passation de pouvoir. Alors que quelques élèves nous rappelaient les moments forts de l’année, c’est dans cette soirée que nos deuxièmes années ont passé non sans émotion la direction des associations et de leurs pôles aux premières années. Tout le monde a déjà entendu cette phrase digne d’un film mielleux à en mourir : « j’ai l’impression de faire partie de quelque chose de plus grand que moi ». Dans ce genre de moment, on se rend compte que cette expression prend tout son sens. Nous faisons partie de quelque chose de plus grand que nous.

Cette impression que la vie de l’IEP est importante, c’est aussi quelque chose que l’on ressent lors des conférences. Je ne me sentais pas vraiment à ma place de choisir quelles furent les conférences déterminantes, alors je me suis entretenue avec la Vice-Présidente de l’association Les Rencontres. Elle a immédiatement mentionné la conférence donnée par Aurélie Filippetti, qui fût marquante pour nous premières années car il s’agit de la première conférence à laquelle nous avons pu assister cette année et pour laquelle beaucoup de personnes s’étaient mobilisées. Est venue ensuite la conférence donnée par Thomas Ribémont, président d’Action Contre la Faim. Cette intervention qui, je pense pouvoir le dire, a eu une résonance forte pour nous, nous a permis de rencontrer le président d’une ONG très importante, mais surtout de voir comment l’on peut faire de la politique sans être forcément homme ou femme politique.

Cette année fut marquée de nombreux scandales et questions sur la scène internationale. L’affaire Weinstein et le mouvement #Metoo qui en découla questionnèrent particulièrement notre façon d’envisager ce que c’est d’être une femme dans le monde d’aujourd’hui, tant et si bien que l’IEP et ses associations organisèrent une semaine du féminisme cet hiver. Celle-ci donna lieu à un concours d’éloquence WomenSafe ou encore à des confessions libres publiées dans Le Grand Pari, journal de notre école. Plus qu’un simple écho à l’actualité, cette semaine a été l’occasion d’une réflexion concernant la place accordée et la place voulue par tout un chacun aujourd’hui. Cette semaine a permis à la parole des femmes, mais aussi des hommes, d’être libérée, à un moment où nous cherchons à faire concorder ce que nous sommes et ce que nous voulons être.

Il y a bien un monde dont nous ne sommes pas conscients : celui des sourds. La langue des signes concerne quelques 100 000 personnes en France, dont une partie la pratique sans être touchée par la surdité. Dès cette rentrée, grâce à l’investissement personnel de trois élèves de notre école, les deuxièmes années auront l’opportunité de suivre un séminaire intitulé « Les enjeux politiques de la surdité ». De plus, tous les élèves auront l’opportunité d’étudier en tant que troisième langue la « langue des signes » en partenariat avec l’Institut National des Jeunes Sourds. Voir que tout ce travail a été accompli par des élèves permet de changer la vision que nous avons des études : ce n’est plus nous simplement qui subissons notre école, nous pouvons influencer ce qu’il s’y passe, et faire des démarches qui pourront mener à de nouveaux projets. Nous pouvons changer les choses.

Pour finir, le CRIT. Non pas parce qu’on adore forcément les compétitions sportives, mais parce que c’est le moment où l’on se rend réellement compte qu’à Saint-Germain, même si l’on paraît être insignifiants en nombre, on a vraiment de la chance parce que l’on fait partie d’une grande famille. Enfin, ce CRIT avait une résonance particulière puisque pour la première fois, notre délégation n’a déclaré aucun forfait pour les matchs de poules.

Finalement, le Crit c’est le moment où tout un chacun prend réellement conscience de ce que cela signifie d’être à Saint-Germain. C’est l’endroit où l’on apprend que c’est bien mieux de tous se soutenir en se cassant la voix, et que, même si nos victoires se comptent sur les doigts de la main d’une personne qui a perdu 3 doigts, on avait déjà tout gagné. Parce qu’être à Sciences Po Saint-Germain, c’est se sentir gagnant chaque jour.

 

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